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Pourquoi la non violence?

Pourquoi la non-violence?...

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Pourquoi la non-violence ?

 

 

La non-violence se définit dans son rapport à la violence. Elle ne se confond pas avec la paix qui est opposée à la guerre, ni avec la concorde qui s’oppose à la discorde.

 

Le paradoxe de la non-violence est d’être appelée par la violence qui implique qu’on la détruise sans faire appel à elle, et d’être exclue par la violence.

 

 

Dans un Etat de droit, la violence est scandaleuse et préjudiciable. Elle met en question la paix sociale. L’Etat mobilise la force publique pour mettre fin à la violence.

 

Mais lorsqu’un Etat est injuste face à un individu, l’individu doit-il utiliser la violence pour répondre à l’Etat ? Le problème est que la violence ouvre toujours un cycle sans fin de violence, qui aboutit in fine à la destruction. La non-violence s’impose alors d’un point de vue moral pour mettre fin au cycle de la violence.

 

Nous voulons croire avec optimisme que face à la non-violence, la violence est impuissante. 

 

Mais au premier abord, la non-violence peut semble échouer, quand elle s’apparente à l’abstention face à des décisions engageant la sureté de la communauté nationale. Ainsi face à l’option de la guerre en cas de menace sur l’intégrité du territoire qui a raison entre les partisans de la guerre et les pacifistes ? Dans un Etat démocratique, les pacifistes mobilisés dans des manifestations peuvent faire reculer les pouvoirs publics. L’action non-violente peut connaître le succès en ce qu’elle atteint son objectif, éviter l’engagement dans un conflit. Mais au final, seule l’Histoire semble devoir nous dire si les pacifistes ont raison. Pour Hegel, la passion et la guerre sont le moteur de l’Histoire. Pour Marx, la violence est l’accoucheuse de l’Histoire.  L’acmé de l’Histoire est la révolution. Refuser de participer à la violence et à la révolution serait refuser de participer au mouvement de l’Histoire. Pour Kant, la révolution française est un grand pas en avant pour l’humanité. La violence serait la condition de la réalisation du Bien. Néanmoins, Kant pense que personne ne doit user de la violence. Comment surmonter cette contradiction ?

Pour Hegel, la non-violence est un hypocrisie. Ce serait le propre de celui qui sait qu’il faut réaliser la violence pour réaliser le bien, mais qui préfèrerait sa pureté intérieure. Pour Nietzsche, la non- violence relève du discours qui couvre son impuissance et permet de sa valoriser.

 

Néanmoins, la non-violence peut l’emporter quand elle s’affiche comme une attitude politique : un agir dans la cîté démocratique.

 

Aux Etats-Unis (XIXème siècle), la non-violence de Thoreau («Traité de la désobéissance civile ») se construit sur le refus de payer l’impôt civil destiné au financement de la guerre.  Au XXème siècle Gandhi résiste par la non-violence à la présence britannique en vue de l’indépendance. Il met ainsi en évidence le caractère scandaleux de la violence et montrer que le système violent repose sur le consentement de chacun et qu’il peut cesser si le consentement de chacun cesse.

 

Le non-violent met un idéal de justice et de paix au-delà de sa propre vie. Il fait un acte de foi face à celui qui s’appuie sur le droit du plus fort. Il croit que la violence ne permet pas de réaliser le Bien.

 

Pour nous, la non-violence a des racines éminemment chrétiennes.

 

La non-violence est un comportement pacifique qui vise à supprimer la violence. Etre non-violent est s’offrir à la violence d’autrui. La non-violence a une dimension sacrificielle. R. Girard montre que les martyrs par leur non-violence manifestent le caractère violent de la violence et témoignent de la sorte de leur liberté ultime en Dieu. La non-violence est efficace en ce qu’elle fait prendre conscience au violent de sa violence. Il éveille également la conscience de l’observateur.

 

Le nouveau Testament renouvelle la loi morale qui est une loi de Dieu en la conduisant à sa perfection : si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre. Vous avez entendu qu’il a été dit ‹œil pour œil et dent pour dent›, mais moi je vous dis de ne pas résister aux méchants, si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre! » (Matthieu, 5, 39). De cette manière, le Mal est vaincu par le Bien.

 

 

Jusque dans la Passion, le Christ s’offre dans sa non-violence à la violence du monde pour s’affirmer comme victime parmi les victimes et in fine victorieux de la mort, accomplissant sa liberté et ouvrant aux hommes et femmes, citoyens du Royaume de Dieu, la voie de l’amour, de liberté et de la paix, qui sont en Dieu. 

 

 

                                                                                                                                      M. C.