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Club France Développement Durable...

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Club France Développement Durable

 

Présentation

Le Club France Développement Durable*, en tant que collectif de réseaux français, s’attache à échanger, co-construire et promouvoir les contributions des acteurs de la société civile française  aux grands rendez-vous internationaux du développement durable. C’est un espace indépendant de dialogue et de synergie entre les acteurs engagés. Il est composé de 70 réseaux et entreprises partenaires : réseaux de collectivités, réseaux d’entreprises, réseaux multiacteurs, ONG environnementales, établissements d’enseignement supérieur, recherche, entreprises. Un comité de pilotage s’est constitué autour du Comité 21 avec AMGVF (Association des Maires de Grandes Villes de France), C3D (Collège des Directeurs du développement durable),  CUF (Cités Unies France), OREE et le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). Lieu de dialogue multi-acteurs, le Club France consacre l’essentiel de son action 2013-2015 à la contribution de la société civile dans le cadre de la Conférence climat (COP 21) qui aura lieu à Paris en 2015.

Travaux

Le Club France conduit ses travaux 2013-2015 en particulier en vue de la Conférence Climat de l’ONU – COP 21 – qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.
L'objectif : encourager la mobilisation du plus grand nombre de réseaux de la société civile française, créer des liens entre eux et faciliter la promotion de leurs actions en perspective de la COP 21 afin de rendre visible des initiatives et des positions concertées.

Trois groupes de travail préparent les actions à mettre en œuvre:
1. Groupe de travail sensibilisation et mobilisation : élaboration d’un document pédagogique sur les enjeux climatiques et sur la COP21à destination des membres du Club France
2. Groupe de travail solutions et initiatives : la création d’un site internet recensant les initiatives climat prises ou projetées par les différents réseaux.
3. Groupe de travail plaidoyer et prises de position : élaboration d’un manifeste collégial pour mettre l’accent sur la nécessité de promouvoir les initiatives et les solutions concrètes en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et stimulant des politiques publiques volontaristes et ambitieuses. Ce plaidoyer sera présenté à la délégation française pour le sommet des chefs d’Etats sur le climat organisé par Ban Ki Moon en septembre 2014 à New York.

*En 2011, la création du « Club France Rio+20 » a permis de faciliter la mobilisation, la contribution et le rayonnement des acteurs français lors de la Conférence Rio+20. Une délégation du Club France Rio+20 composée de 150 personnes était présente à Rio+20 afin d’assurer une représentation de la société civile française. Le Club France a également organisé différents événements sur le Pavillon France et au RIO Centro (Ville durable, Agenda 21,…). Afin de poursuivre la dynamique des acteurs de la société civile, le Club France Rio+20 est devenu le Club France Développement durable. Il a été lancé à l’initiative du Comité 21 qui en assure le secrétariat général. En 2013, les travaux ont permis de produire une contribution sur les Objectifs de Développement Durable remise au Gouvernement et aux ambassadeurs en vue des discussions aux Nations unies pour traduire l’engagement des Etats lors de Rio+20.

Liste des membres Club France DD
Calendrier des évènements en vue de la COP 21
Programme 2014 du Club France DD

Contact: Sarah Schonfeld - schonfeld@comite21.org
Site internet Club France DD: http://clubfrancedeveloppementdurable.com/

 

Calendrier des évènements nationaux et internationaux Focus Climat /COP21

Calendrier ses évènements nationaux et internationaux Focus Climat:COP21

Appel revendiquant plus de « justice climatique »

Appel revendiquant plus de « justice climatique »

 

Le monde est confronté à une urgence planétaire : le changement climatique est causé par un système qui place la recherche du profit au-dessus des besoins des personnes et des limites de la planète. Il dévaste la vie de millions de personnes à travers la planète. Selon les scientifiques du climat, des basculements critiques pourraient se produire prochainement et la température moyenne globale pourrait s’accroître de 4 à 5°C avec des conséquences catastrophiques pour nous tous.La Conférence de Lima aurait dû poser les jalons de la façon dont les gouvernements allaient prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et pour soutenir les populations vulnérables de la planète à s’adapter aux inévitables conséquences.
Il s’agissait de réduire plus fortement les émissions d’ici à 2020 et de fixer des objectifs climatiques à long terme pour ne pas augmenter la température de plus de 1,5°C. Ne pas émettre plus que ne le permet le budget carbone et répartir ce dernier sur la base des principes de responsabilités communes mais différenciées, des capacités respectives des pays et de la nécessité d’honorer la dette climatique. Ce qu’il s’est passé à Lima s’inscrit dans une longue série de décisions qui, chaque année, affaiblissent les règles internationales sur le climat, mettant en difficulté les populations et la planète.
Les engagements de réduction d’émissions pour l’avant 2020 sont injustes et beaucoup trop faibles. Ils conduiraient à dépasser les 2°C de réchauffement climatique d’ici le milieu du siècle. Ces objectifs n’auront pas été revus à la hausse en 2014, pas plus qu’il n’y a d’engagement à les réeaxaminer et les revoir prochainement. Lima nous prépare à un accord à Paris qui ignorera les besoins et les droits des populations impactées dans le monde, excluant tout engagement contraignant en matière de contribution financière, d’adaptation, de perte et dommages et de transfert de technologie.

La Conférence de Lima n’a pas su établir un pont entre les actions que les pays doivent prendre et les technologies et financements nécessaires qui pourraient permettre aux populations du Sud de s’adapter, de construire leur résilience et de faire face à la perte et aux dommages occasionnés par les impacts du changement climatique. Pas plus qu’elle n’a permis de mettre sur les rails les nécessaires actions de réduction d’émissions sans lesquelles l’ampleur de la transformation et de la transition juste dont nous avons besoin pour limiter la hausse de température inférieure à 1,5 degrés C ne sera pas atteinte.
Ce qui a été décidé à Lima ouvrent la possibilité à ce que chaque pays détermine ses propres engagements en matière de climat, sans que ces derniers ne tiennent compte de ce que demandent la science, les populations et et les exigences de justice, et sans cadre réglementaire clair. Nous avons vu des dirigeants politiques, en particulier ceux des États-Unis, de l’Union européenne et de leurs alliés, agissant dans l’intérêt des grandes entreprises polluantes, déterminés à déréglementer davantage le régime de gouvernance international du changement climatique. Ce faisant, ils sapent la convention sur le changement climatique des Nations Unies dans ses fondements, en affaiblissant les règles portant sur les pays développés et en ignorant leur obligation légale et morale de débloquer des financements suffisants et de transférer les technologies.
A Lima, l’expansion de l’utilisation des marchés carbone, qui ont pourtant échoué, a été largement encouragée. Y compris à travers l’utilisation de crédits carbone issus des forêts et des sols, source de dévastations supplémentaires pour les populations paysannes et forestières à travers le monde, empêchant les transformations dont nous avons besoin. Le Sommet des peuples et la marche dans les rues de Lima ont exigé la défense des droits de la nature et la garantie des droits des populations. Ils ont clairement mis en lumière ce que sont les solutions à la crise climatique et les alternatives.
Partout sur la planète, les populations mettent en oeuvre ces solutions et luttent pour transformer le système. Nous luttons pour survivre et pour garantir et sécuriser nos territoires, habitations et moyens de subsistance face aux dérèglements climatiques. Nous nous battons pour une transformation du système énergétique visant à abandonner l’usage des énergies fossiles au profit de systèmes énergétiques accessibles à tous, contrôlés par les populations, décentralisés, sûrs et basés sur les énergies renouvelables. Nous défendons la souveraineté alimentaire et le développement des solutions agro-écologiques, tout en luttant pour s’adapter aux conséquences dévastatrices des dérèglements climatiques. Ainsi, les programmes de foresterie basés sur les populations fonctionnent dans leur intérêt, particulièrement ceux des populations indigènes, plutôt qu’en faveur des banquiers et des capitales financières dans le Nord.
Les populations accumulent de la force et du pouvoir, au niveau local, national et global. Nous allons continuer à mettre plus de monde dans les rues, à bloquer des projets d’extraction de ressources naturelles, des ports, des sièges d’entreprises, pour que notre force et notre pouvoir grandissent.Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n’agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d’imposer un « accord mondial sur le climat » qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations.  Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance.
Premiers signataires:
International and Regional Networks and Organisations

Campaña Mesoamericana para la Justicia Climatica ; Construyendo Puentes –  Redes Latinoamericanas Frente al Cambio Climatico ; Corporate Europe Observatory
Friends of the Earth International ; Jubilee South Asia Pacific Movement on Debt and Development ; LDC-Watch ; IBON International ; Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee ; Pan African Climate Justice Alliance ; Push Europe ;

National Organisations and Networks

Aksyon Klima Philipines ; ATM ; Attac – France ; Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT) ; Bangladesh Krishok Federation ; Bayay Sibuyanon Philippines ; Beyond Copenhagen ; Bolivian Platform on Climate Change ; Campaign for a Life of Dignity for All – Philippines ; CECOEDECON (Centre for community Economics and Development Consultants Society) ; CESTA – Amigos de  la Tierra El Salvador ;
Ecological Society of the Philippines ; Ecologistas en Accion (Spain) ; Ecowaste Coalition Philippines ; El FORO DEL BUEN AYRE ; EquityBd Bangladesh ; Energy and Climate Policy Institute for Just Transition Korea ; Fairwatch Italy ; Hodagad Djibouti ; Institute for Policy Studies ; Justiça Ambiental Mozambique ;
La Mesa Nacional de Cambio Climático de Guatemala ; Les Amis de la Terre ; Our Rivers, Our Life (OROL)- Philippines and Gitib ; Inc. PAIRVI (Public Advocacy Initiatives for Rights & Values in India) ; Peoples Movement on Climate Change ; Philippines Movement for Climate Justice ; PRRM ; Sawit Watch ; Sociedad CivilAmigos del Viento Meteorología Ambiente Desarrollo ; Solidaritas Perempuan (Women’s Solidarity for Human Rights) ; Unidad ecologoca Salvadoreña ; WomanHealth Philippines

https://ecologyandchurches.wordpress.com/2014/12/15/climat-la-justice-nous-concerne-t-elle/

Ukraine: Détérioration alarmante de la situation des Droits de l'Homme...

Ukraine: Détérioration alarmante de la situation des Droits de l'Homme... - Maria Portugal-World View

Ukraine : détérioration alarmante de la situation des droits de l'homme dans l'est, selon l'ONU

 

16 mai 2014 – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré vendredi qu'un nouveau rapport des Nations Unies produit par son équipe de suivi en Ukraine montre une détérioration alarmante de la situation des droits de l'homme dans l'est du pays, et de nouveaux problèmes graves en Crimée, en particulier en relation avec les Tatars.

La Haut-Commissaire a appelé les personnes disposant d'une influence sur les groupes armés responsables de l'essentiel des violences dans l'est de l'Ukraine à faire tout leur possible pour freiner ces hommes qui semblent déterminés à diviser le pays.

Le rapport de 36 pages est le deuxième produit par la mission de suivi du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), qui est composée de 34 personnes basées dans cinq villes ukrainiennes depuis son déploiement en mars. Ce document couvre la période du 2 avril au 6 mai 2014.

Tout en remarquant que de nombreux rassemblements et manifestations pacifiques continuent à avoir lieu en Ukraine, le rapport décrit une tendance croissante, dans certaines zones urbaines sensibles, à l'organisation simultanée de rassemblements par des groupes qui s'opposent, ce qui aboutit souvent à des affrontements violents. Le rapport évoque aussi des actes répétés de violence contre des personnes participant pacifiquement à des rassemblements, principalement celles qui soutiennent l'unité de l'Ukraine et qui sont contre le désordre dans les villes et villages de l'est de l'Ukraine. Dans la plupart des cas, la police locale n'a rien fait pour empêcher ces violences et, dans certains cas, a ouvertement coopéré avec les agresseurs.

Le rapport énumère, en outre, de nombreux exemples spécifiques de meurtres, tortures, passages à tabac, enlèvements, actes d'intimidation ciblés et quelques cas de harcèlement sexuel, pour la plupart perpétrés par des groupes anti-gouvernementaux bien organisés et bien armés dans l'est du pays. Il met également en lumière le cas de personnes disparues, dont 83 dont on reste toujours sans nouvelle suite à leur disparition lors des événements liés aux manifestations initiales de Maïdan à Kiev.

Le rapport évoque aussi une augmentation inquiétante des enlèvements et détentions illégales de journalistes, militants, hommes politiques locaux, représentants d'organisations internationales et de militaires dans l'est. Bien que certains aient été ultérieurement relâchés, les dépouilles de nombreux autres ont été jetées dans des rivières et d'autres zones, et l'on reste sans nouvelles de plusieurs. Le problème est particulièrement marqué dans et autour de la ville de Slaviansk, dans la région de Donetsk, où un groupe appelé l'unité d'auto-défense de Slaviansk est largement impliqué.

Le rapport évoque également des cas pour lesquels les services de sécurité étatiques et des unités de l'armée opérant dans l'est ont été accusés de tuer des personnes et d'être responsables de disparitions forcées.

Le document insiste sur la dégradation du climat entourant les médias dans l'est de l'Ukraine. Il souligne que les journalistes, blogueurs, et autres professionnels des médias basés dans la région ou en visite, sont de plus en plus confrontés à des menaces et à des actes d'intimidation, y compris à des enlèvements et des détentions illégales par des groupes armés.

Les observateurs du Haut-Commissariat aux droits de l'homme ont déclaré avoir connaissance d'au moins 23 cas de journalistes, reporters et photographes (ukrainiens et étrangers) ayant été enlevés et détenus illégalement, principalement à Slaviansk.

Le rapport met en exergue un certain nombre de nouveaux problèmes en Crimée, en particulier en relation avec les Tatars de Crimée et les minorités. Les Tatars de Crimée, qui ont été accusés de trahison et déportés en masse en Asie centrale par le Gouvernement soviétique de Staline il y a soixante-dix ans, le 18 mai 1944, n'ont été autorisés à rentrer en Ukraine que dans les années 90.

Le rapport évoque des développements alarmants autour de la question de la citoyenneté suite à l'accord entre la Fédération de Russie et les autorités de Crimée, qui stipule que les citoyens de l'Ukraine et les personnes apatrides résidant de manière permanente en Crimée ou à Sébastopol doivent être reconnues comme citoyens de la Fédération de Russie.

Les Tatars de Crimée sont confrontés à de nombreux autres problèmes, parmi lesquels la liberté de mouvement de leurs responsables (plusieurs d'entre eux se sont vus refuser l'entrée en Crimée après avoir tenté d'y revenir depuis d'autres parties de l'Ukraine) ; des cas de harcèlement physique, des restrictions imposées aux médias tatars criméens, des craintes de persécution religieuse pour les musulmans pratiquants parmi eux et la menace du Procureur de Crimée de déclarer illégal et de mettre un terme au travail du Parlement des Tatars de Crimée. D'ores et déjà, plus de 7 200 personnes originaires de Crimée – pour la plupart des Tatars criméens – sont devenus des déplacés internes dans d'autres parties de l'Ukraine.

La Haut-Commissaire a exhorté tous les dirigeants politiques ukrainiens à éviter toute action qui pourrait davantage envenimer la situation, tout en soulignant que la population du pays devrait pouvoir voter sur son avenir dans un environnement pacifique et sûr lors des élections prévues le 25 mai prochain.

« Le rapport précise comment les candidats à l'élection présidentielle sont harcelés et parfois agressés physiquement », a déclaré Navi Pillay. « Des élections présidentielles libres, justes et transparentes – dans le respect des normes internationales pertinentes – sont un facteur important pour réduire les tensions et restaurer l'état de droit. Au contraire, la rhétorique continue de haine et propagande, doublée des meurtres et autres actes de violence, alimente l'escalade de la crise en Ukraine », a –t-elle poursuivi.

 http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=32594#.U3Zf4nbNy8A

Peuples Autochtones - Bilan mitigé...

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Conseil économique et social

DH/5181

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

 Instance permanente sur les questions autochtones

 Treizième session

 6e et 7e séances – matin et après-midi

 

L’INSTANCE PERMANENTE SUR LES QUESTIONS AUTOCHTONES DRESSE UN BILAN MITIGÉ DE L’APPLICATION DES RECOMMANDATIONS EN FAVEUR DES PEUPLES D’ASIE ET DE L’ACTION DES FONDS ET PROGRAMMES DE L’ONU

 Plus de six années après ses recommandations sur la situation des peuples autochtones d’Asie, l’Instance permanente sur les questions autochtones a dressé un bilan mitigé de leur mise en œuvre, dans un continent qui abrite plus des deux-tiers des 370 millions d’autochtones au monde.  Cinq panélistes ont dénoncé le fait que les autochtones demeurent « invisibles » et « pauvres parmi les pauvres », les États ne reconnaissant toujours pas leur identité propre.

 Les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), bien qu’ayant adopté la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, se sont bien gardés de l’intégrer dans leur Déclaration sur les droits de l’homme, ont dénoncé les panélistes.

 Pourtant les autochtones asiatiques qui vivent dans « le centre du monde » puisque la Chine et l’Inde, deux pays riches et émergents s’y trouvent, sont de plus en plus menacés.  La croissance « phénoménale », à priori de bon augure, les expose à la pauvreté compte tenu des expropriations liées aux mégaprojets hydrauliques et aux concessions accordées à l’industrie extractive sans compter la militarisation des terres.

 Les panélistes ont encouragé une réflexion au sein des agences de l’ONU sur un développement économique fondé sur la participation des peuples autochtones.   Dans leur dialogue avec les fonds et programmes des Nations Unies, les intervenants ont reproché à ces derniers de travailler encore trop souvent pour les gouvernements et contre les autochtones.  Ils ont demandé « plus de moyens et plus de transparence », et le strict respect du principe de consentement préalable libre et éclairé.

 Ponctuée de prières et d’incantations, la journée a été marquée par la première intervention de la militante philippine et nouvelle Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, Mme Victoria Tauli-Corpuz, qui a annoncé qu’elle mettra l’accent sur le dialogue entre les États, les agences onusiennes, les institutions financières et les peuples autochtones.  Dans la perspective de la Conférence mondiale sur les peuples autochtones de septembre prochain sur les autochtones, elle a exhorté les États à favoriser une participation la plus large possible des représentants de ces peuples.

L’Instance permanente poursuivre ses travaux demain vendredi 16 mai.

 

 DÉBAT SUR L’ASIE

 Plus de six années après ses recommandations sur la situation des peuples autochtones d’Asie, l’Instance permanente a fait l’état des lieux de leur mise en œuvre, dans un continent qui abrite plus des deux-tiers des 370 millions d’autochtones au monde.  Le constat est plus que mitigé, ont fait observer les cinq panélistes qui ont fait la part des choses entre la théorie et la pratique, en indiquant, exemples à l’appui, que les autochtones demeurent « invisibles » et « pauvres parmi les pauvres », alors que les États ne reconnaissent pas encore leur existence ou identité propre.

 Parmi les progrès, Mme JOAN CARLING, membre de l’Instance, a reconnu que le Japon a finalement reconnu les Zainu comme peuple autochtone et que l’Indonésie a introduit les droits coutumiers dans le Code civil.  Mme SUMSHOT KHULAR, d’une organisation de l’Asie du Sud-Est, a ajouté que le Népal discute d’une nouvelle constitution, sachant que ces peuples autochtones réclament un gouvernement fédéral.  M. RAJA DEVASISH ROY, membre de l’Instance,a salué leNépal comme exemple de pays asiatique où le Gouvernement dialogue avec les peuples autochtones.  Elle a rappelé à la Chine et le Viet Nam, qui parlent de « minorités ethniques », que les instruments internationaux les plus récents parlent eux de « peuples autochtones ».

 Mais les problèmes persistent donc, a dit Mme Carling, en pointant le doigt sur la classification des grands barrages comme « énergie propre » qui a ouvert la voie à la construction de quelque 200 barrages qui vont certainement provoquer des déplacements massifs des peuples autochtones ainsi que la destruction de leurs moyens de subsistance.  À cette problématique, Mme Khular a ajouté celle, dans le nord-est de l’Inde, liée à l’octroi de concessions pétrolières sans le consentement préalable des populations locales.  Le Caucus asiatique sur les questions foncières a jugé vital que les systèmes autochtones de gouvernance soient reconnus pour mettre fin à la menace des industries extractives.  Mme Khular a aussi attiré l’attention sur le fait qu’au Népal, le viol est une tactique pour faire fuir les populations.

 En Asie du Sud-Est, a dit M. SOCHEA PEAP, Pacte des peuples autochtones de l’Asie du sud-Est, le défi est vraiment la reconnaissance de l’identité des peuples autochtones et de leurs droits collectifs.  La Déclaration des Nations Unies n’est pas reprise dans celle de l’ASEAN sur les droits de l’homme, a-t-il fait remarquer.  La Constitution malaisienne reconnaît certes la notion de peuples autochtones mais d’une manière tout à fait incomplète.

 Mme ANTONELLA CORDONE, Coordonnatrice pour les questions autochtones et tribales au Fonds international de développement agricole (FIDA), a rappelé qu’en avril 2014, le FIDA avait financé 62 projets dans 19 pays pour 1,87 milliard de dollars.  Les quatre priorités sont l’inclusion systématique d’indicateurs spécifiques sur le bien-être des peuples autochtones, le renforcement des capacités des agences d’exécution des projets, celui des capacités communautaires, qui doivent utiliser leurs particularités et connaissances uniques en matière de développement, et l’allocation des ressources.  

 Ancienne Présidente de l’Instance et nouvellement élue Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, Mme VICTORIA TAULI-CORPUZ, a souligné que l’Asie devient le centre du monde car les pays émergents et riches que sont la Chine et l’Inde s’y trouvent.  Or la croissance « phénoménale », à priori de bon augure, constitue une menace pour les peuples autochtones qui voient leurs ressources naturelles pillées.  Réfléchir à des pratiques optimales pour aider les agences de l’ONU et les autres instances multilatérales à améliorer la coopération technique est un pas dans la bonne direction.

 Les États asiatiques, les agences de l’ONU, les institutions financières internationales et le secteur privé doivent réviser le paradigme du développement économique, en travaillant plus avec les autochtones qui ont les connaissances et le savoir-faire nécessaires à la préservation de l’environnement.  Elle a accusé les États d’Asie de bloquer la participation des peuples autochtones à la Conférence mondiale sur les peuples autochtones de septembre prochain.  La Chine a dûment appuyé la participation des peuples autochtones ainsi que la prise en compte de leurs préoccupations dans le programme du développement pour l’après-2015.  Le Bangladesh a assuré que son gouvernement est toujours resté ouvert au dialogue avec les populations « ethniques ».

 La Malaisie s’est enorgueillie des mesures prises pour élargir l’accès des peuples autochtones à l’éducation, à la santé et à l’emploi ainsi que de l’organisation d’audiences publiques sur les droits fonciers.  Sans peuple autochtone, la Thaïlande a pourtant une législation qui octroie « aux groupes ethniques » tous les droits consacrés par la Constitution.  Le pays reconnaît les difficultés d’accès à la terre résultant du manque de connaissances linguistiques de certains fonctionnaires.

 Fort de 55 « groupes ethniques », le Viet Nam a affirmé que leur participation aux affaires économiques et politiques est en constante augmentation.  Désormais, 15 à 17% des sièges parlementaires sont occupés par des membres des minorités ethniques et le Gouvernement a investi plus de 2 milliards de dollars dans le développement des régions où vivent des minorités ethniques, en particulier dans les zones isolées.  L’accès à l’éducation a atteint les 80% mais des efforts sont encore nécessaires dans le domaine de la santé.

 Mme INDIRA SIMBOLON, Banque asiatique de développement, a tenu à souligner qu’en 2013, sur 101 prêts, 20 ont eu un impact sur les communautés autochtones.  Sur les 248 projets en cours de réalisation, 107 ont été évalués comme ayant un tel impact.  Mme LOUISE NOLLE, Organisation internationale du Travail (OIT), a aussi fait valoir les projets de coopération technique que son organisation exécute en faveur des autochtones en Asie. 

 Après ces interventions, M. MOHAMMED HASSAN NEJAD PIRKOUHI, membre de l’Instance, a tout de même fait remarquer que le système d’état civil est inexistant dans bien des États d’Asie.  La représentante du Groupe des femmes autochtones d’Asie a demandé à l’ONU d’enquêter sur la situation spécifique des femmes issues de communautés non reconnues.  Le Réseau de femmes autochtones AIPP a voulu que l’Instance permanente se penche sur la question de la violence domestique.  Il est temps que les communautés autochtones reconnaissent leurs propres discriminations à l’égard des femmes.  Après un chant d’espoir, le représentant de l’AsiaPacific Indigenous Youth Network a souligné le fait que dans beaucoup de pays asiatiques, l’éducation aux droits de l’homme est très rare, ce qui constitue un énorme problème, surtout pour les jeunes autochtones.  L’Instance permanente et les autres entités de l’ONU doivent aider ces jeunes et créer, par exemple, un fonds d’assistance.

 Dialogue avec les fonds et organismes des Nations Unies (E/C.19/2014/9)

 Les représentants des populations autochtones ont demandé cet après-midi aux organisations des Nations Unies « plus de moyens, plus de transparence et une meilleure consultation des autochtones dans la mise en œuvre des programmes qui les concernent ».  Dans le cadre de cet échange annuel avec les organismes de l’ONU, le respect du principe du consentement préalable libre et éclairé des autochtones a été rappelé comme une condition sine qua non d’une approche constructive en faveur des autochtones et de la mise en œuvre de la Déclaration.  

 Si la représentante de l’Alliance des femmes autochtones d’Amérique centrale et du Mexique a jugé indispensable la tenue d’une réunion entre les femmes autochtones et l’ONU sur la mise en œuvre des droits économiques sociaux et culturels des femmes autochtones, Mme KARA-KYS ARACHAA, membre de l’Instance, a appelé à une conférence mondiale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les médecines traditionnelles car on ne tient pas assez compte des apports de cette médecine.

 Pourquoi, s’est demandée Mme MARIAM WALLET ABOUBAKRINE, membre de l’Instance, n’entend-on pas l’OMS ou ONUSIDA s’exprimer sur cette question.  M. JOSEPH COKO MUTANGAH, membre de l’Instance, a en effet exhorté les agences de l’ONU à sauvegarder les connaissances traditionnelles, avant que la représentante du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones (EMRIP) ne fasse observer que le thème de la santé n’a jamais été spécifiquement abordé par l’Instance.

 Les institutions de l’ONU ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités car elles privilégient les intérêts des gouvernements au détriment des autochtones, a tranché un parlementaire autochtone du Nicaragua.  Un reproche a été fait à la Banque mondiale par le représentant du Caucus des autochtones d’Afrique.  L’institution de Bretton Woods, qui refuse d’appuyer appuyer les projets concernant les autochtones sur le continent africain, travaille pourtant à la constitution d’un fonds d’un milliard de dollars pour réaliser une cartographie par satellite des ressources minérales.  Il nous faut de la transparence sur cette question et donc, l’implication des autochtones.

 Le représentant de la Banque mondiale a répondu: « nous avons lancé un dialogue mondial avec vous pour comprendre votre vision du développement ».  La Banque s’efforce de collecter des données ventilées dans plusieurs régions du monde, a-t-il dit, en rejetant les allégations liées au manque de transparence.  Mme JOAN CARLING, membre de l’Instance, a tout de même noté une réduction des allocations budgétaires aux projets consacrés aux autochtones et tout particulièrement la fermeture d’un programme du PNUD en Asie.

 Mais au Panama, le point focal du PNUD pour les questions autochtones s’est enorgueilli du Plan de développement 2014 élaboré au terme de consultations de deux ans avec sept peuples autochtones, ayant touché 10 000 personnes.  La représentante de la Société financière internationale (SFI) du Fonds monétaire international (FMI) a tenu à rappeler que le premier projet respectant le principe de consentement préalable, libre et éclairé des populations autochtones avait depuis été mis en place en Colombie.  Il s’agissait alors d’une exploitation de pétrole et de gaz.  « Ce n’est qu’en nous asseyant à une même table avec tous nos partenaires que nous pourrons faire la différence dans la lutte contre la pauvreté », a déclaré la représentante du Fonds international de développement agricole (FIDA)

 Celle de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a cité la création d’un Fonds volontaire pour les populations autochtones et d’un Forum consultatif autochtone qui se réunit avant chaque session du Comité intergouvernemental.  Le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a promis de présenter le 19 mai des exemples concrets d’appui aux populations autochtones.

 Les agences de l’ONU doivent commencer par renforcer leurs programmes régionaux, a suggéré la représentante du Caucus des autochtones d’Asie, nommer des points focaux autochtones, produire des données économiques et sociales ventilées et recommander l’inclusion des pratiques autochtones de gestion durable des ressources dans le programme de développement pour l’après-2015.  L’introduction d’un objectif spécifique lié à la préservation des systèmes pastoraux a été réclamée par le représentant du Fonds pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) qui intervenait au nom du PNUD et du FIDA.  Celui de l’OIT a insisté sur l’accès au travail décent.  La représentante du Danemark a appelé à des budgets conséquents pour permettre la participation effective des autochtones.